
Toni Pelosato
Comme bien d'autres catégories professionnelles, les enseignants voient aujourd'hui leurs conditions de fin de carrière et leurs perspectives de pension sérieusement fragilisées. Ces reculs touchent large, mais ils prennent un relief particulier lorsqu'ils frappent celles et ceux qui portent, au quotidien, la responsabilité immense d'éduquer les générations futures. Et voilà que, par-dessus le marché, s'ajoutent encore les mesures d'économies décidées par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour beaucoup, c'est le sentiment d'être bousculés de toutes parts, parfois même déconsidérés.
Car derrière chaque enseignant (mais aussi derrière chaque accueillante de l'extra-scolaire ou chaque puéricultrice de notre crèche) il y a une personne qui s'investit, qui accompagne, qui ouvre des portes. Un métier qui ne s'arrête jamais vraiment à la grille de l'école. Alors, quand la société semble leur dire qu'ils coûtent trop cher, qu'il faut réduire ici, rogner là, c'est plus que leurs conditions de travail qui sont attaquées : c'est la confiance que nous leur devons qui vacille.
Et pourtant, affaiblir l'école est un non-sens. L'éducation n'est ni un luxe ni une variable d'ajustement budgétaire. Elle est l'un des socles de notre démocratie, le lieu où se construisent les citoyens de demain, où naissent les curiosités, les doutes, les espoirs. Réduire les moyens, c'est fragiliser ces fondations, c'est oublier que l'avenir d'un pays commence dans ses classes.
Dans notre commune, nous n'acceptons pas cette fatalité. Nous continuerons à faire ce qui est en notre pouvoir pour compenser, pour soutenir, pour préserver au mieux des conditions d'apprentissage dignes. Modestement, mais résolument. Parce que nous savons le rôle crucial joué par nos enseignants et parce que nous tenons à ce qu'ils puissent l'exercer avec la sérénité qu'ils méritent.
À toutes et à tous, nous voulons redire notre confiance. Redire notre gratitude. Malgré les vents contraires, vous continuez d'avancer, de transmettre, de croire en chaque enfant. Et cela, aucune ligne budgétaire ne pourra jamais le mesurer.
L'école reste un lieu d'espoir. Et tant qu'il y aura des femmes et des hommes prêts à la faire vivre comme vous le faites, nous resterons à vos côtés. Ensemble, avec volontarisme et détermination, nous continuerons à défendre ce qui compte vraiment■